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2010年2月11日 星期四

Le Monde Blog : La bataille a déjà commencé…par ambassade interposée

http://iran.blog.lemonde.fr/2010/02/10/la-bataille-a-deja-commencepar-ambassade-interposee/

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A la veille de l’anniversaire de la Révolution islamique, qui devrait voir s’affronter dans la rue iranienne partisans du régime et manifestants de l’opposition, le combat a déjà débuté devant les représentations diplomatiques occidentales et iraniennes.

Hier, quelques dizaines de militants pro-gouvernementaux iraniens ont assailli les ambassades européennes à Téhéran pour protester contre l’attitude de l’Europe à l’égard de l’Iran. Présentés par l’agence semi-officielle iranienne Fars comme des “étudiants”, les manifestants ont scandé des slogans hostiles et lancé des pierres et des oeufs en direction des représentations diplomatiques d’Allemagne, de France, et d’Italie. Devant cette dernière, les opposants ont crié “Mort à l’Italie” et “Mort à Berlusconi”, mais ont été empêchés de pénétrer à l’intérieur, grâce à l’intervention de nombreuses forces de l’ordre présentes sur place.

La semaine dernière, lors d’une visite en Israël, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a critiqué le régime iranien et déclaré qu’il interdirait de nouveaux investissements italiens dans les secteurs du pétrole et du gaz de ce pays, où la compagnie nationale Eni est très présente. Par la suite, les médias iraniens ont traité Berlusconi de “laquais d’Israël”.

La France a adopté dernièrement des positions très critiques à l’égard de la République islamique, notamment après la décision du président Ahmadinejad de lancer la production d’uranium hautement enrichi. Les deux chancelleries européennes, qui soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique, se sont récemment prononcées en faveur de l’adoption de nouvelles sanctions fortes contre le Régime de Téhéran.

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Ayant moi-même largement couvert ce genre de manifestation, du temps où j’était correspondant en Iran, je puis vous affirmer que ces “étudiants”, comme l’affirment les organes de presse officiels iraniens, ne sont autres que des miliciens bassidjis rémunérés par la République islamique (ceux qui tappent et tirent sur les manifestants), et qui ont été dépêchés sur place en bus, afin d’apporter une réponse directe et rapide aux récentes prises de positions occidentales. Les véritables étudiants iraniens sont aujourd’hui plus occupés à manifester à l’intérieur des campus universiataires, à compter leurs camarades emprisonnés, et à s’occuper des préparatifs de la grande manifestation de demain.

En réponse à ces événements, cinq jeunes iraniens de Paris, membres du Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens (whereismyvote.fr ), ont repeint hier en vert les plaques et murs de l’ambassade de la République islamique d’Iran à Paris. Curieusement, aucune force de police ne protégeait hier soir la représentation diplomatique iranienne.

“Cette action est une réponse à la fête organisée en grande pompe au même moment par les membres de l’ambassade au Pavillon Dauphine de Paris “, se félicite Yashar Mohtashem, 30 ans, et membre du comité.

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Armés de préservatifs “double sensation” qu’ils ont remplis de peinture verte, couleur de la contestation iranienne, ainsi que de bombes graffiti, les opposants iraniens s’en sont donnés à coeur joie sur les murs iraniens.

“Les préservatifs, sourit Yashar, c’est tout un symbole, car comme vous le savez, il n’y a aucun cas de Sida ou d’homosexualité en Iran”.

Les slogans tagués sur les murs étaient les suivants:

Where is my vote?” (Où est mon vote?) : référence au vote des Iraniens qui leur a été confisqué par le gouvernement Ahmadinejad.

A bas la dictature!

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Khamenei assassin!” (l’Ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, la plus haute autorité religieuse du pays et véritable chef de l’Etat iranien)

Nous sommes indénombrables” (un des slogans du mouvement démocratique vert iranien, qui signifie que, contrairement à ce qu’affirme le régime islamique, ils sont extrêmement nombreux).

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Mais ce genre d’action n’est-elle pas en fin de compte dérisoire?

“Tout ce que l’on fait, explique Yashar, sert à apporter un soutien moral aux Iraniens pour les manifestations de demain. En apercevant ces vidéos, les Iraniens d’Iran mais aussi la diaspora à l’étranger, sont encouragés, et comprennent que l’unité du mouvement est toujours vivante”.

A Paris, ajoute-t-il, on montre de quelle manière pacifique on peut combattre la République islamique dans le cadre de la désobéissance civile pacifique”.

Cette “désobéissance civile” est devenue la règle en Iran. Des slogans anti-gouvernementaux et même anti-régime sont ainsi signés sur les billets de banque. Le cri “Allah Akbar” pourtant créé par Khomeiny contre le Shah est désormais scandé contre le régime, sur les toits, dès la nuit tombée. Lors des matchs de football, les supporters entament des chants de protestation…

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Le précédent “coup” du comité avait eu lieu le 31 janvier dernier, dans la commune de banlieue de Neauphle-le-Château(Yvelines), en face de l’ancien domicile de l’Imam Khomeiny, fondateur de la République islamique, et réfugié en France pendant quatre mois avant son retour triomphal à Téhéran. A l’occasion d’une cérémonie commémorative organisée par l’ambassade d’Iran à Paris, les membres du comité avaient lancé des slogans hostiles au gouvernement iranien, ce qui avait provoqué la fureur de l’ambassadeur d’Iran en personne, qui avait tenté de s’en prendre physiquement aux manifestants, avant d’en être empêché par les gendarmes présents sur place. Les photosde l’ambassadeur échangeant des coups de poing avec les forces de l’ordre avaient fait le tour du monde, notamment grâce aux blogs et aux réseaux sociaux Twitter et Facebook. Elles étaient même parvenues jusqu’en Iran.

Si bien que le communiqué des “étudiants” iraniens qui se sont attaqués aux ambassades étrangères hier à Téhéran, publié par l’agence Fars, fait référence à la France qui a “accueilli sur son sol des araignées qui ont attaqué les valeurs fondamentales de la Révolution”.

Voici la vidéo des “araignées” hier soir à Paris : Au réveil, les membres de l’ambassade étaient sûrement “verts”!

2010年1月18日 星期一

La Chine est-elle menacée par le "syndrome soviétique" ?

LE MONDE | 14.01.10 | 13h50 • Mis à jour le 14.01.10 | 13h50

Thierry Wolton est historien, spécialiste des systèmes communistes.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/14/la-chine-est-elle-menacee-par-le-syndrome-sovietique-par-thierry-wolton_1291681_3232.html

Cette année 2010 doit consacrer l'aura internationale de la Chine avec l'Exposition universelle de Shanghaï, en mai. La manifestation est voulue par Pékin comme le point d'orgue d'une offensive de charme qui a commencé avec les Jeux olympiques de l'été 2008. L'événement sera sans doute une fois de plus remarquablement maîtrisé par les autorités et les superlatifs ne manqueront pas pour saluer l'extraordinaire réussite de ce pays.

Tout cela n'est pas sans provoquer quelques réminiscences. Il y a un demi-siècle s'ouvrait une époque également triomphale - pour l'Union soviétique. La décennie 1960 avait été précédée par le voyage de Nikita Khrouchtchev aux Etats-Unis, en septembre 1959. Au cours de cette opération de relation publique, le numéro un soviétique avait promis que son pays ne tarderait pas à dépasser la puissance américaine.

S'ensuivit une vaste campagne de propagande destinée à accréditer cette thèse, ponctuée de réussites époustouflantes, dont l'envoi en 1961 du premier homme dans l'espace fut la plus spectaculaire. Pendant les vingt années suivantes, Moscou fournit des statistiques flatteuses sur la production de blé, d'acier, etc., qui accréditaient l'incontestable supériorité du mode de production socialiste.

On a appris récemment qu'un bureau spécial avait été créé par le Kremlin pour fournir les chiffres qu'attendait un Occident ébahi par cette success story. L'offensive fut complétée par un dégel sur le plan intérieur, puis par l'envoi à l'Ouest de quelques fleurons de la culture soviétique, comme les Choeurs de l'Armée rouge. A relire la presse de l'époque, convaincue que l'URSS serait, sans doute possible, la grande puissance de la fin du XXe siècle, on ne peut être qu'admiratif devant la force de conviction dont fit preuve Moscou ou stupéfait par notre extraordinaire naïveté.

Il est intéressant de se souvenir de ce qu'a fait le Kremlin de cette "opération de marketing" réussie : il a cru à sa propre propagande, conforté par l'image que nous lui renvoyions de sa puissance irrépressible. Les décennies 1960-1970 furent marquées par une poussée significative de l'URSS, et du camp socialiste en général, sur la scène mondiale, jusqu'à l'invasion de l'Afghanistan, en décembre 1979. Ces avancées paraissaient d'autant plus victorieuses que le camp occidental était alors en crise économique, avec le premier choc pétrolier de 1973, et morale, à la suite de la défaite américaine au Vietnam en 1975.

Sur le plan des rapports de forces internationaux, l'URSS pouvait réellement prétendre à un partage du leadership mondial avec les Etats-Unis. Sur le plan intérieur, l'"entrouverture" au monde qu'exigeait ce rôle de grande puissance se paya bien par quelques contestations. Elles furent promptement réprimées (Tchécoslovaquie en 1968, internement de dissidents...), souvent dans l'indifférence des démocraties qui ne voulaient pas se brouiller avec ce grand pays.

Il y avait là une certaine logique dont tout le monde était en fin de compte victime : les peuples subissant le joug communiste, qui ne pouvaient guère, ou si peu, compter sur un soutien occidental ; les opinions publiques de l'Ouest, tétanisées par une puissance que leur vantaient les médias ; les responsables des pays démocratiques, dont la pusillanimité encouragea le Kremlin à pousser toujours plus loin ses avantages ; enfin, les dirigeants soviétiques eux-mêmes, qui finirent par oublier combien leur empire était fragile. La suite est connue.

Or la "sinomania" actuelle est bien plus forte que ne le fut jamais la "soviétomania" d'antan. Elle s'est accentuée ces dernières années grâce à des mécanismes qui rappellent ceux qui firent la splendeur de l'URSS : une remarquable réussite économique soulignée par des statistiques flatteuses ; une certaine fascination des Occidentaux pour une culture, un mode de vie (voire une multitude) exotiques pour eux ; une montée en puissance sur la scène mondiale favorisée, voulue même, par les autres grands au nom de l'équité. Il est devenu banal de prédire que l'empire du Milieu sera le leader de notre planète avant la mi-temps de ce siècle. Croyance d'autant plus ferme que le monde occidental est à nouveau en crise.

La Chine nous apparaît aujourd'hui tellement éloignée de ce que fut la Russie soviétique d'hier qu'il peut sembler hasardeux d'établir le parallèle. Et pourtant... L'URSS et la Chine communiste ont suivi des voies similaires une grande partie du XXe siècle et, même lorsque leurs chemins ont divergé, elles ont poursuivi des politiques analogues, inspirées par la même idéologie. La poigne de Mao ne fut pas moins sanglante que celle de Staline. L'un et l'autre se lancèrent dans une industrialisation forcée au prix de millions de paysans morts, l'un et l'autre s'assurèrent d'un pouvoir absolu en terrorisant leur population.

Par la suite, le jovial Deng Xiaoping ne fut pas sans rappeler le débonnaire Khrouchtchev, l'un et l'autre rêvant de faire décoller une économie socialiste en panne grâce à la technologie occidentale. A partir des années 1990, l'offensive de charme de la Chine n'est pas sans similitude avec celle de l'URSS dans les années 1960-1970. Certes, les actuels dirigeants chinois ne ressemblent pas aux gérontes retranchés dans le Kremlin jusqu'à l'arrivée de Gorbatchev en 1985. Mais, justement, leur dynamisme ne rappelle-t-il pas, peu ou prou, le volontarisme de ce dernier, ultime espoir du communisme soviétique pour tenter de sauver le régime ? Ils s'en sortent, il est vrai, autrement mieux que lui en la matière.

Comparaison n'est pas raison, mais des systèmes de même nature peuvent générer des comportements politiques similaires. Le Parti communiste chinois a beau être le premier parti léniniste darwinien, comme l'a joliment dit Nicolas Bequelin, chercheur auprès de Human Rights Watch, c'est-à-dire capable d'évolution, il n'en reste pas moins un parti d'esprit totalitaire, engendrant des réflexes policiers pour ceux qui sont à sa tête. Du Tibet au Xinjiang, contre les intellectuels dissidents ou les paysans spoliés, la chronique de la répression durant les dernières années illustre le raidissement du régime.

A l'instar de l'URSS, la Chine réclame désormais sa part de gouvernance du monde que mérite sa réussite économique. Dans les années 1970, Moscou parlait de détente ; Pékin rassure en évoquant sa montée en puissance pacifique tout en consacrant des moyens de plus en plus importants à son armement (même si ce budget est encore loin d'égaler celui des Etats-Unis). Si on escamote la part communiste de cette Chine-là, ces parallèles n'ont aucun sens. Mais, jusqu'à preuve du contraire, ce pays reste gouverné par un parti unique, dirigé par des hommes formés à son unique moule, qui gardent la haute main sur l'économie et qui s'en partagent les fruits, de manière quasi héréditaire. Dans ce type de régime, l'essentiel demeure le pouvoir, qui décide de tout.

Il est donc pertinent de se demander si la Chine, aussi mirifique qu'elle nous paraisse, ne risque pas d'être victime du syndrome soviétique, ses dirigeants finissant par être atteints des mêmes maux qui ont conduit à la chute de l'URSS. La combinaison entre notre admiration béate et un pouvoir sans partage, indifférent aux douleurs de son peuple, obsédé par ses intérêts de puissance, le tout attisé par les doutes des pays occidentaux sur le modèle libéral, autant de facteurs qui pourraient déboucher sur des lendemains difficiles.

Le jeu de miroirs entre des communistes chinois trop sûrs d'eux, convaincus par leurs propres statistiques de la réussite de leur régime, et des dirigeants occidentaux obsédés par leurs balances commerciales et leurs déficits, qui ne pensent qu'à les amadouer pour quelques parts de marché, peut faire oublier à Pékin ses fragilités intrinsèques : obsolescence d'une partie de son appareil industriel, discrimination sociale, déséquilibre entre l'offre et la demande, inflation, bulle spéculative, vieillissement de la population, catastrophes écologiques. En somme, tout ce qui caractérise une économie socialiste.

Cet aveuglement réciproque, entre Occident et Orient cette fois, pourrait conduire la Chine à vouloir aller trop loin, comme l'URSS jadis.



RFI编译

中国是否患有苏联综合症

作者 小山
发表日期 17/01/2010 更新日期 17/01/2010 22:42 TU

1月14日法国《世界报》观点栏目刊登一篇署名文章,评论中国强大的背后隐藏着制度性的问题与脆弱,堪比整整半个世纪之前开放时代的苏联。文章作者是历史学家,研究共产主义制度的专家梯耶利・沃尔腾,阐述“中国是否患有苏联综合症”的威胁。本次当今世界节目就来介绍这篇文章。

沃尔腾写道,以5月上海举办世界博览会为标志,2010年将成为中国争取国际地位达到极致的一年。这是北京追求的壮举,将如同2008年夏天尽展辉煌魅力的奥运会那样,世界博览会将又一次尽善尽美的在政府当局的掌控下,也将有众多夸张的词语来赞扬中国超群的成功。然而所有这一切不会不使人回忆联想,半个世纪前,苏联同样开始了一个胜利的时代。上个世纪60年代由1959年9月赫鲁晓夫访问美国而开启,在向世界展示的炫耀活动当中,苏联一号领导人许诺在不久的将来,他的苏联会超过美国。

沃尔腾的文章继续写道,苏联接着开始了宏大的宣传运动来鼓吹这个雄心壮志,推出无数令人惊讶的成功,其中以1961年世界第一人登上月球最为辉煌。[误译。原文l'envoi en 1961 du premier homme dans l'espace,“1961年第一次把人送进太空。”]其后的20年,苏联提供浮夸的数据来吹嘘小麦,钢铁等生产的产量,证实社会主义生产无可非议的优越性。

人们只是现在才知道克里姆林宫设立了一个办公室,专门提供让西方惊羡苏联如此成功的数据。宣传攻势甚至包括作出对国内解冻的姿态,派出苏联招牌团体,像红军合唱团到西方去访问。今天重读当时相信苏联在20世纪末就会成为超级大国的报道,人们在莫斯科的意志力量和西方无以伦比的幼稚面前不得不感到惊叹。重新回忆苏联的“公关行动”如此成功很有意义,苏联也相信自己的宣传,在西方人信以为真的苏联不可战胜的形象面前沾沾自喜。60年代和70年代,苏联和社会主义阵营在国际舞台上明显不断的强大留下深刻的烙印,直到1979年苏联入侵阿富汗。由于西方阵营陷入因1973年第一次石油危机引发的经济困境,同时由于1975年越南战争失败而带来的精神危机,反衬苏联强大更显得特别耀眼。

国际力量对比问题上,苏联号称是真正的能与美国争雄的世界领袖;而在国内,因为世界大国的脸面要求,必须有的“有限开放”引来一些抗议,这些抗议被无情镇压,(1968年的捷克反抗,抓捕持不同政见者),这样的事件经常在西方国家不想跟苏联关系弄僵的担心而下不闻不问中发生。

这里存在某种让所有人都受害的逻辑:遭受共产主义制度磨难的人民不能或很少能够指望西方的支持;西方的舆论被新闻报道吹嘘的苏联大国威力所迷惑;西方大国领导人对苏联的胆怯又反过来鼓动克里姆林宫去追求更多的优势;最后就是苏联领导人自己也忘记他们的政权是多么的脆弱。结果当然是众所周知的。

《世界报》署名文章指出,目前的“中国狂热”要远比当年的“苏联狂热”更强烈的多。近年来,“中国狂热”又让人回顾起之所以使苏联辉煌的某些因素而得到进一步加强,其中包括以可观的数据加重强调的杰出经济成果;西方的某种文化,某种甚至多种多样的生活方式,对中国来说就像是异国情调的诱惑;国际舞台上日益强大的形象,甚至这种地位又是其他大国以平等的名义而希望实现的。中央帝国将在本世纪中叶之前主导全球的预言,已经成为老生常谈,而再度进入危机的西方世界则更加让人相信这一说法。

沃尔腾接着写道,中国与昨日的苏联相比如此之遥远而在二者之间建立平行的关系成为偶然;然而,苏联和中国在20世纪大部分时间里走过同样的路程,而且哪怕他们的道路不同,但是他们所执行却是相同的政治路线,并且来自同一个意识形态。毛的双手所沾的鲜血并不亚于斯大林,毛泽东与斯大林均使用恐吓群众来维持他们的绝对权力。

其后,沃尔腾又说,就连笑口常开[不确。原文jovial,开朗。]的邓小平也让人想起温文尔雅[误译。赫鲁晓夫怎么都谈不上温文尔雅。原文为débonnaire,宽厚、温厚。相对于斯大林的冷酷、阴险,赫鲁晓夫显得热情、厚道。 ]的赫鲁晓夫,这两位人物都幻想使停滞不前的社会主义经济利用西方科技腾飞。沃尔腾强调指出,从90年代开始,中国的魅力攻势与六七十年代的苏联没有共同点。[误译。原文为n'est pas sans similitude avec ...,“不是没有相似之处”。]诚然,目前的中国领导人与1985年戈尔巴乔夫上台之前克里姆林宫顽固不化的老领导人不同。但是正因为如此,难道目前中国领导人的活力不让人或多或少让人想起戈尔巴乔夫的那种试图用最后的一点希望来挽救共产主义制度的一意孤行吗?当然,应该承认中国领导人在这一点上要比戈尔巴乔夫强。[此说肤浅。论活力,比起勃列日涅夫、苏斯洛夫,十常侍率皆仿佛参差。而80年代初苏联尚有切尔年科、安德罗波夫等大老,是能提携戈氏,令图维新。今国朝真无首脑之行尸矣。]

比较并不见得就对,但是同一性质的制度可以产生相同的政治表现。真可惜中国共产党是第一个唯物主义的以马列主义为指导思想的政党,有能力演变,但仍然是个独裁的政党,产生条件反射式的警察反应,在西藏和新疆问题上如此,对异见知识分子如此,对被掠夺的农民也是如此,而且近些年来的镇压也充分证明中国政权愈来愈强硬。

以苏联为榜样,中国如今也要求其经济成功所应赢得的治理世界的权力。在70年代,莫斯科曾谈到缓和;北京则保证和平发展,但同时却不断增加军费开支(哪怕中国军费与美国军费相比还相距甚远)。如果避而不谈中国的共产党的话,那么这些相似之处就没有意义了。但恰恰是中国在一党统治之下,由一个模式训练教育出来的人所领导,他们牢牢控制着经济,以世袭的方式瓜分经济成果。在这样的制度下,权力是灵魂,权力决定一切。

所以应当试问,尽管中国显现百般奇妙,中国是不是有患苏联综合症的危险,中国领导人是不是也患有苏联领导人的病痛,而这些病痛最终导致苏联垮台。我们目瞪口呆的崇拜正与这个绝不分享的权力结合在一起,这个政权无视人民的痛苦,只顾权力的利益,这一切再加上西方国家对自由体制的怀疑,有很多可能会导致困难的明天。

研究共产主义制度的历史学家沃尔腾在《世界报》的文章中还说,这种对自己过分肯定,确信自己的政权成功的自己的统计数字的中国共产党与只关心贸易平衡和逆差,只想着以阿谀奉承的办法赖分一羹中国市场的西方领导人之间的哈哈镜游戏,会让北京忘却内部的脆弱:落后的某些工业,社会分化,供求失衡,通货膨胀,投机泡沫,人口老化,环境灾难等问题不断。

总而言之,这都是社会主义经济的特点。而这次西方与东方之间的相互盲目,可能会导致中国像过去的苏联一样,理想远远超过现实。

2009年12月29日 星期二

Nouvelle vague d'arrestations d'opposants en Iran

LE MONDE | 29.12.09 | 12h22

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/29/iran-le-pouvoir-traque-sans-pitie-l-opposition_1285684_3218.html#ens_id=1190750

En Iran, la répression ne désarme pas. Au lendemain de la fête religieuse de l'Achoura, dimanche 27décembre, au cours de laquelle les forces de l'ordre ont tiré sur des manifestants hostiles au pouvoir en place, faisant officiellement au moins huit morts (dont cinq à Téhéran), une nouvelle vague d'arrestations s'est abattue lundi sur les rangs de l'opposition.

Parmi les personnes arrêtées figurent des proches de l'ancien président réformateur Mohammad Khatami, dont Hassan Rassouli et Morteza Haji et trois principaux conseillers de Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux à la présidentielle contestée de juin, remportée par Mahmoud Ahmadinejad, devenu la figure de proue de la contestation. Il s'agit de Ghorban Behzadian, Mohammad Bagherian et d'Ali Reza Behechti Shrirazi, directeur du site officiel de M.Moussavi, Kaleme.org.

Cette nouvelle "rafle" n'a pas épargné la presse. Mahmoud Shamsolvezine, le président de l'Association des journalistes, a été arrêté ainsi qu'Emadeddin Baghi, figure emblématique en Iran, lauréat du prix des droits de l'homme de la République française, ainsi que Noushine Ebadi, la sœur du Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, qui, elle, n'est pas rentrée en Iran depuis plus de six mois.

KAROUBI ATTAQUÉ

L'un des principaux leaders du mouvement de contestation, le religieux Mehdi Karoubi, qui avait dénoncé le premier les tortures et les viols en prison, a même été attaqué lundi alors qu'il quittait en voiture une cérémonie de deuil dans une mosquée à l'est de Téhéran. Selon ses proches, sa voiture a été malmenée et le pare-brise cassé. La foule a mis en fuite les assaillants. La police, dans le même temps, a fait une perquisition au siège du magazine féminin Irandokht, dirigé par Mme Karoubi.

Enfin, le corps du neveu de Mir Hossein Moussavi, Ali, tué par balles dimanche, a été enlevé de la morgue où il se trouvait et la famille pense que les autorités tentent ainsi d'empêcher qu'à l'occasion des funérailles, ayant lieu normalement dans les vingt-quatre heures, il y ait d'autres débordements.

LOURD BILAN

Dans ce climat de tension extrême, qui s'est aussi accompagné d'une "mise au pas" de plusieurs sites Internet, beaucoup craignent à présent que la répression n'ait plus de freins. "Un pas a été franchi lorsque le gouvernement n'a même pas respecté le deuil du Moharram et de l'Achoura qui interdit tout acte guerrier et toute confrontation. J'ai peur qu'il n'y ait plus de freins à la répression", explique par téléphone un professeur de droit à Téhéran. C'est aussi l'avis de l'analyste iranien Ahmad Salamatian pour qui une "militarisation de la répression n'est pas à exclure" et qui estime que "le Guide suprême, Ali Khamenei, jusque-là partagé sur la réaction à adopter, s'est fait prendre la main par la faction la plus dure au sein des fondamentalistes au pouvoir".

Quant au président de la Ligue des droits de l'homme iranienne, Karim Lahidji, il déclare: "La contestation est arrivée à un tournant. On peut craindre en retour une répression accrue, un véritable bain de sang."

Six mois après l'élection présidentielle contestée du 12 juin, le bilan est lourd : une quarantaine de morts officiellement (l'opposition parle d'une centaine); plus de 4 000 arrestations auxquelles s'ajouteraient un millier d'autres depuis dimanche dans tout le pays; cinq condamnations à mort; des peines allant jusqu'à quinze ans de détention pour les opposants.

La situation des droits de l'homme est "la pire qu'ait connue le pays depuis vingt ans", selon un rapport d'Amnesty International qui dénonce "la torture, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires" et note que "les investigations annoncées par les autorités iraniennes semblent avoir pour objectif de dissimuler les atteintes aux droits humains plutôt que de faire éclater la vérité".

Pour Karim Lahidji, le plus préoccupant, outre la violence, est le côté "systématique" de la répression. "Lorsque quelqu'un est arrêté, il est souvent soumis à de mauvais traitements ou forcé de faire des “aveux” pour justifier une condamnation à venir, mais c'est aussi tout son entourage qui est visé. Cela ne s'était jamais produit, explique-t-il. Par exemple, on exige des cautions exorbitantes, c'est la famille entière parfois qui hypothèque tous ses biens pour faire sortir celui de ses membres qui a été arrêté. Ce fut le cas de jeunes blogueurs qui sont ensuite partis pour l'étranger. A présent, leurs parents sont otages: le gouvernement leur dit ou vos fils reviennent ou votre appartement hypothéqué est à nous et vous serez à la rue."

ARBITRAIRE EN DÉTENTION

Dans d'autres cas, explique-t-il encore, les proches de la personne arrêtée perdent leur travail. Et de donner l'exemple de la journaliste Nargues Mohammadi, porte-parole du centre pour les droits de l'homme animé par le Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi. "Le mari de Nargis, Taghi Rahmani, qui appartient à un mouvement progressiste a passé dix ans en prison. A sa sortie, il était bien sûr au chômage. Sa femme, qui travaillait dans un centre social, a été convoquée il y a trois semaines, on lui a signifié qu'elle était licenciée. Ils sont sans ressources avec des petites filles jumelles de 4 ans à élever."

En prison, l'arbitraire est de mise. D'après les confidences de la femme du journaliste économique Said Leylaz, condamné à neuf ans de prison, en six mois, elle n'a vu son mari, en prison, que deux fois. Lui n'a jamais su quand se tiendrait son procès. Un jour, on l'a prévenu qu'il avait dix minutes pour préparer sa défense. Son avocat n'était pas convoqué, on l'a juste informé de la sentence.

Quant à Behzad Nabavi, un ex-ministre de 72 ans, condamné à six ans de prison, il a dû être opéré, sa santé était mauvaise. Pour pouvoir se reposer chez lui une semaine, il a versé une caution de 650000 euros. Mais, comme il avait raconté ses conditions de détention à des amis, on l'a remis en prison, malgré la caution.

Certains sont en prison depuis six mois, sans que l'on sache s'ils auront un procès. C'est le cas de l'ex-vice-ministre de l'intérieur Mostafa Tajzadeh, de l'ex-porte-parole de la présidence réformatrice de M.Khatami, Abdullah Raminzanzadeh, ou encore d'Ahza Mansouri, membre du bureau politique du parti réformateur.

La répression vise aussi en particulier les minorités: un jeune Kurde a été pendu le mois dernier à Sanandaj, alors qu'en première instance il n'avait été condamné qu'à dix ans de prison. Le régime multiplie aussi les exécutions publiques de criminels de droit commun – ou présentées comme telles –, juste pour intimider toute tentative de contestation. En 2008, 380 exécutions ont eu lieu en Iran. Ironiquement, un des rares journaux à avoir ouvertement critiqué cette politique, Hayat-e-Now ("nouvelle vie"), est dirigé par un frère cadet du Guide suprême, Ali Khamenei. Le journal a été suspendu.

Marie-Claude Decamps

La communauté internationale condamne une répression "inacceptable"

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 28.12.09 | 18h43 • Mis à jour le 28.12.09 | 21h53

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/28/la-communaute-internationale-condamne-une-repression-inacceptable_1285579_3218.html#ens_id=1190750

Dénonçant la violence "brutale" et "inacceptable" des autorités iraniennes, la communauté internationale a vivement réagi à la répression des manifestations qui ont fait au moins huit morts dimanche 27 décembre à Téhéran.

S'exprimant depuis Hawaï, où il se trouve en vacances, le président américain, Barack Obama, a dénoncé lundi une "répression violente et injuste" de citoyens "innocents", soulignant que les Etats-Unis se tenaient au côté des manifestants iraniens dont la soif de justice s'est heurtée à une "brutalité de fer". Le chef de la Maison blanche a exhorté la République islamique à libérer "immédiatement" les personnes "injustement emprisonnées".

Le ministre britannique des affaires étrangères, David Miliband, a qualifié de "particulièrement troublant" le "manque de retenue" des forces de l'ordre. Il a salué le "grand courage" des manifestants, insistant sur le fait que "la mort tragique de manifestants en Iran nous rappelle à nouveau comment le régime iranien gère les manifestations".

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a tenu à assurer les proches des victimes de sa "compassion". "Je condamne les récents affrontements violents en Iran, au cours desquels l'intervention inacceptable des forces de sécurité a coûté la vie à plusieurs personnes", a ajouté dans un communiqué.

Lors d'un point-presse, le porte-parole du ministère des affaires étrangères français a renouvelé "sa grande anxiété et sa condamnation des arrestations arbitraires et des violences commises contre de simples manifestants". "L'aggravation de la répression ne mène nulle part", a-t-il souligné.

Même la Russie, proche de Téhéran, s'est dite "inquiète" de la flambée des violences. "A notre avis, dans cette situation, il est essentiel de faire preuve de retenue, de chercher des compromis sur la base de la loi, de faire des efforts politiques pour éviter une poursuite de l'escalade dans la confrontation intérieure", a indiqué le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.



"En Iran, le rapport de force n'est pas le même qu'en 1979"

LEMONDE.FR | 28.12.09 | 16h46 • Mis à jour le 28.12.09 | 16h55

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/28/en-iran-le-rapport-de-force-n-est-pas-le-meme-qu-en-1979_1285363_3218.html#ens_id=1190750

Pour Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'Iran, "la pression de la rue n'a pas trouvé une expression politique suffisamment solide pour renverser le gouvernement".

De violents affrontements ont opposé dimanche les forces de l'ordre et les manifestants hostiles au président Ahmadinejad. La contestation est-elle à un tournant ?

Je ne le pense pas. L'intensité des violences était à la hauteur de l'ampleur des manifestations. La célébration de l'Achoura est l'une des dates les plus importantes du calendrier chiite. Chaque année, des millions de personnes défilent à travers le pays pour commémorer le martyre de l'imam Hussein. Ces grandes processions religieuses rassemblent toutes les composantes de la société iranienne. Il était logique que les opposants en profitent pour s'exprimer. Mais je ne crois pas que cette radicalisation marque un réel tournant pour le régime iranien.

Vous étiez en Iran pendant la révolution de 1979. Observez-vous des similitudes entres les événements qui secouent le pays depuis six mois et les manifestations qui ont abouti au renversement du chah ?

En 1979, les grandes processions de Tassoua et de l'Achoura [journées de deuil religieux qui commémorent le décès de l'imam Hussein] étaient organisées par le mouvement de contestation. Malgré la loi martiale, le chah avait été obligé d'autoriser les manifestations. Elles rassemblaient à l'époque l'ensemble des opposants, qu'il s'agisse de la gauche ou des religieux. Le clergé soutenait massivement les contestataires. Le rapport de force n'est pas le même aujourd'hui. Une partie importante de la population défend toujours Ahmadinejad. Les processions de ces derniers jours étaient organisées par le gouvernement. Il s'agissait d'abord de manifestations populaires auxquelles se sont mêlés les opposants. On ne peut comparer les événements de 1979 avec le mouvement de contestation actuel.

Mais le mouvement semble prêt à poursuivre la mobilisation (Lire : Pouvoir et opposition se radicalisent en Iran).

C'est vrai que l'opposition ne faiblit pas, malgré la répression. Mais les contestataires ne sont pas unis politiquement. Entre ceux, peu nombreux, qui souhaitent renverser le régime et ceux qui veulent seulement le changer, il n'y a pas de consensus sur un leader, comme en 1979. Il ne faut pas oublier que Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi sont des personalités fondatrices du régime. L'un a été premier ministre pendant la guerre Iran-Irak, l'autre un compagnon de route de l'ayatollah Khomeini. S'ils ont endossé les habits de la révolte, c'est un peu malgré eux. Ils assument une responsabilité qu'ils jugent historique, mais restent des opposants par défaut. Pour les plus radicaux qui veulent en finir avec la République islamique, Moussavi et Karoubi ne sont pas capables de porter le mouvement.

Face à cette contestation, le pouvoir fait-il bloc ?

Non, on observe des dissensions de plus en plus fortes à l'intérieur même de l'appareil d'Etat. Les partisans de la répression, proches du président Mahmoud Ahmadinejad, prêchent pour le maintien de l'ordre avant tout, sans compromis avec les manifestants. C'est un peu la méthode chinoise : verrouiller l'intérieur, mais s'ouvrir à l'international en répondant à la main tendue d'Obama. Mais d'autres, comme Ali Larijani, le président du Parlement, Mohsen Rezai, ancien commandant en chef des gardiens de la révolution, ou Mohamed Baker Khalibaf, le maire de Téhéran, sont favorables à une évolution du régime. Même parmi les plus radicaux, certains condamnent la répression et la mort d'autres musulmans.

Ces dissensions gagnent-elles les rangs des forces de l'ordre ?

C'est très difficile d'avoir des éléments précis sur ces questions. Il semble que certains membres des bassidjis, de l'armée et de la police se désolidarisent du pouvoir. Mais il est un peu tôt pour parler de dissidence ouverte. Si c'était le cas, le régime serait vraiment en mauvaise posture. Il ne faut pas oublier que ce sont des soldats de l'armée de l'air qui ont été les premiers à se révolter contre le chah en février 1979.

Aujourd'hui, le gouvernement iranien est très fort. Même si les résultats officiels sont éminemment contestables, Ahmadinejad a été élu et il est très probable qu'il ira jusqu'au bout de son mandat de quatre ans. Le pouvoir est prêt à tout pour maintenir le régime. Et, pour l'instant, la pression de la rue n'a pas trouvé une expression politique suffisamment solide pour renverser un gouvernement aussi fort et aussi répressif.

LeMonde.fr

2009年12月28日 星期一

Iran : le mouvement de contestation à un tournant ?

LEMONDE.FR | 28.12.09 | 11h17 • Mis à jour le 28.12.09 | 12h14

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/28/iran-le-mouvement-de-contestation-a-un-tournant_1285342_3218.html#ens_id=1190750&xtor=RSS-3208

Un régime "hors de contrôle", "le début d'une nouvelle intifada"… Au lendemain des manifestations ayant dégénéré à Téhéran et fait plusieurs morts, la presse internationale mesure l'ampleur de la contestation des autorités en place et y voit un véritable tournant pour le régime iranien.

Pour l'universitaire Ali Ansari, auteur d'un éditorial dans le quotidien britannique The Independent , le moment est "crucial" : "Cette révolte populaire a des racines bien plus profondes qu'une élection frauduleuse", mais concerne désormais "les droits, la gouvernance et la dignité" du peuple iranien. "Alphabétisée à plus de 90 %, titulaire de 25 millions de comptes Internet et de 50 millions de comptes de téléphonie mobile", la population iranienne est "bien dirigée et coordonnée" pour faire face au gouvernement, souligne-t-il.

Une détermination confirmée par le Wall Street Journal, qui souligne également que les manifestants s'en sont pris pour la première fois au nom du Guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei. Pour le quotidien économique, l'ampleur de la mobilisation rappelle les événements de 1979, qui ont précipité la chute du chah, d'autant plus que, comme le note l'auteur, des sources rapportent que "des représentants de l'ordre refusent d'appliquer l'ordre de tirer sur la foule".

KHAMENEI, "UN NOUVEAU CHAH"

Pour le Guardian, la contestation du pouvoir est passée à un stade supérieur, notamment du fait que les autorités iraniennes ont choisi d'ouvrir le feu sur les manifestants en pleine période de fêtes religieuses. "Le régime compromet sa réputation de gardien des traditions religieuses iraniennes", estime le quotidien britannique. Là encore, le journal relève la détermination croissante des manifestants, qui en plus de répondre aux coups portés par la police et les bassidjis, n'hésitent plus à défiler à visage découvert, ce qui était beaucoup moins le cas lors des manifestations post-électorales de juin dernier.

Pour le site d'actualité dissident Tehran Bureau, l'Iran est en train de connaître les débuts d'une "intifada à l'iranienne", qui rappelle celle des Palestiniens contre Israël en 1987. En choisissant de réprimer des manifestations un jour de fête religieuse, Khamenei porte un coup à la morale du régime.

Ce n'est plus seulement le président Mahmoud Ahmadinejad qui est visé, souligne Steve Clemons pour le The Huffington Post, qui compare Khamenei à "un nouveau chah", qui aurait perdu le soutien des élites. Face à lui, avertit-il, "les Etats-Unis doivent rester très prudents" et ne pas chercher à mener une intervention qui discréditerait le mouvement de contestation.

Difficile pour autant de prévoir la chute du régime à la lumière de ces événements, rappelle le quotidien canadien The Globe and Mail : même si les Iraniens sont conscients des similitudes entre la situation actuelle et celle de 1979, "cela ne signifie pas que l'histoire se répétera, et il est impossible de juger l'ampleur du soutien populaire aux manifestants". En revanche, les violences du week-end annoncent une période trouble, très certainement marquée par "un effort pour écraser la protestation".

Audrey Fournier

Le Monde : Pouvoir et opposition se radicalisent en Iran

LE MONDE | 28.12.09 | 10h41 • Mis à jour le 28.12.09 | 10h47

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/28/pouvoir-et-opposition-se-radicalisent-en-iran_1285365_3218.html#ens_id=1190750

Retransmises souvent par téléphone portable sur Internet, les images qui ont fait le tour du monde, dimanche 27 décembre, témoignent de la violence de la répression et de la détermination des manifestants qui, en Iran, ont transformé la traditionnelle commémoration religieuse du deuil chiite de l'Achoura en une journée d'affrontements d'une rare ampleur.

On y voit des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Téhéran et de la plupart des grandes villes iraniennes: Chiraz, Ispahan, Qasvin, Tabriz et même Qom, la ville sainte. Des vidéos montrent en direct des heurts sanglants entre la foule et les forces de l'ordre et les miliciens bassidjis, assistés parfois d'hélicoptères ; des motos et des voitures en feu. Toutes évoquent des morts. Les premiers depuis les grandes manifestations qui avaient suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin, et qui s'étaient soldées par une soixantaine de victimes et 4000 arrestations, selon l'opposition.

Cette fois, la police admet cinq morts "accidentelles" et l'arrestation de 300 "hooligans". Les manifestants portent ce bilan à huit ou dix morts, certains par balles, dont trois au moins à Tabriz.

Parmi les victimes figure Ali Moussavi, le neveu de Mir Hossein Moussavi. L'ex-premier ministre, candidat malheureux des réformateurs à la présidentielle de juin, a dénoncé une "fraude massive" et lancé la contestation. Six mois après ce scrutin, en dépit d'une répression sévère, le mouvement perdure.

Ali Moussavi, rapportent des sites réformateurs, dont Jaras, citant entre autres le cinéaste Mohsen Makhmalbaf, proche de la famille, a été tué délibérément. Une voiture le suivait avec cinq hommes à bord, lorsqu'il est sorti de chez lui. L'un d'eux est descendu et a tiré sur M.Moussavi. Selon les mêmes sites, son corps aurait été transporté et gardé à la morgue, la famille priée de rester discrète.

Un assassinat ciblé, sorte d'avertissement au leader de la contestation ? L'information est difficile à confirmer, mais d'autres agressions "ciblées" auraient eu lieu dimanche. A Ispahan, le frère de l'ancien ministre de l'intérieur réformateur, Abdullah Nouri, aurait été frappé devant ses enfants par des miliciens qui l'avaient publiquement menacé auparavant.

De plus, en marge des "hooligans" interpellés, d'autres personnalités critiques du gouvernement ont été emmenées en prison. C'est le cas d'Ibrahim Yazdi, le vieux leader du Mouvement de libération de l'Iran (un parti nationaliste toléré par intermittence), arrêté chez lui à 3 heures du matin dans la nuit de dimanche à lundi, ou encore de Mehdi Arabshahi, le secrétaire de la plus importante organisation d'étudiants, Tahkim Vardat (Consolidation de l'unité), arrêté à Téhéran. De même que les trois plus proches collaborateurs de M. Moussavi.

Enfin, le couvre-feu a été instauré à Najafabad, la ville natale du grand ayatollah dissident Montazeri, figure de proue de la contestation religieuse, dont l'enterrement sous haute surveillance a suscité des manifestations contre le régime la semaine dernière.

Face à ce qui peut sembler une nouvelle aggravation de la répression, des voix se sont élevées pour prévenir une trop grande radicalisation du mouvement contestataire. Dans un appel très remarqué, lundi, Ezatollah Sahabi, le dirigeant d'un groupe de religieux nationalistes, lance un appel à la "modération" pour ne pas faire le jeu du régime : "Attention à ne pas vous précipiter vers la violence. Ils sont prêts, écrit-il en substance, à tuer un million de personnes s'il le faut."

Pourtant, de l'avis de tous les témoins que nous avons pu joindre par téléphone, ce qui ressort des affrontements de dimanche, c'est précisément la radicalisation des manifestants. Leurs slogans très durs visaient non plus M.Ahmadinejad, mais le Guide suprême Ali Khamenei ("Moharram, c'est le mois du sang versé, le guide Khamenei sera renversé").

Le guide était également comparé au calife honni Yazid, responsable de la mort de l'imam Hossein à la bataille de Kerbala, que commémore le deuil de l'Achoura. Une "première".

De plus, dans la rue, sans être vraiment armés, de nombreux manifestants ont érigé des barricades dans certaines avenues de Téhéran, jeté des pierres sur les forces de l'ordre ou encore incendié les motos des voltigeurs bassidji, fer de lance de la répression lors des émeutes dans les rues.

Posté sur l'avenue Azadi (Liberté), au centre de la capitale, Reza, un jeune diplômé iranien, nous a fait part de ses craintes au téléphone : "Il y avait un monde incroyable, je crois que les bassidji ont eu peur cette fois. Les rôles étaient inversés, ça les rendait fous de rage. Avec leurs matraques, ils ont tabassé des femmes et même des vieux. Nous étions révoltés de voir ça. Certains leur ont répondu de façon violente eux aussi, car normalement le jour de l'Achoura, c'est un jour de communion dans le deuil des chiites, un jour d'affliction et de paix sacrée. De voir qu'ils ne respectaient rien, beaucoup de gens qu'on ne voyait pas manifester jusque-là sont venus, outrés. Des gens modestes, mais religieux. Je crois que le mouvement est à présent vraiment populaire."

Et il ajoutait, inquiet : "Mais il faut résister: si on perd le calme et l'équilibre, c'est mauvais. Pour exister, nous devons parier sur la durée et la légalité." Les autorités en place ont, il est vrai, commis des erreurs, de l'avis des analystes iraniens. La première a sans doute été, nous a expliqué l'un d'eux au téléphone, "de n'avoir pas respecté le deuil lors de la mort de l'ayatollah Montazeri. Ses partisans ont été harcelés, ceux qui lui rendaient hommage empêchés parfois de le faire. En cela, le pouvoir a perdu sa “crédibilité” religieuse et populaire".

La seconde erreur, expliquait-il encore, a été, samedi, d'empêcher l'ancien président de la République réformateur, Mohammad Khatami, de prononcer un discours. "M. Khatami avait choisi de s'exprimer à Jamaran, au nord de Téhéran, là où avait vécu l'ayatollah Khomeyni. Un lieu hautement symbolique en ces temps troublés où gouvernement et opposition se disputent l'héritage du fondateur de la République islamique. Mais la police n'a rien respecté. Des gens venus écouter le discours ont été enfermés de force dans la mosquée, les autres priés de se disperser. Cette bataille symbolique aussi a été perdue pour le pouvoir. Certains manifestants criaient “Khomeyni, si tu vivais, tu serais avec nous!”…"

Faut-il s'attendre à un nouveau renforcement de la répression ? "Le cycle manifestation-répression est désormais enclenché. Le gouvernement devra jouer serré dans les prochaines semaines s'il ne veut pas contribuer à faire grandir la contestation, concluait l'analyste. Après le mois de deuil de Moharram vient celui de Safar. Entre-temps, il y a tous les quarante jours la célébration des deuils récents, dont celui de M. Montazeri. D'autres troubles en perspective…"

Marie-Claude Decamps



Au moins huit morts lors des manifestations en Iran

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 27.12.09 | 11h19 • Mis à jour le 28.12.09 | 10h45

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/27/plusieurs-morts-au-cours-des-manifestations-a-teheran_1285283_3218.html#ens_id=1190750

Au moins huit personnes ont été tuées, dimanche 27 décembre en Iran, lors des affrontements les plus violents depuis ceux qui ont suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad au mois de juin.

Affrontements sanglants. Se référant à des informations du Conseil suprême de la sécurité nationale, la télévision officielle en langue anglaise Press TV, dans un bandeau, dresse lundi un bilan de huit morts. Le mouvement réformateur évoque aussi huit tués, quatre à Téhéran et quatre à Tabriz, dans le nord-ouest du pays. La télévision d'Etat iranienne, citant le ministère des renseignements, évoque pour sa part plus de quinze personnes tuées lors des émeutes de dimanche à Téhéran, citant le ministère des renseignements. Selon le dernier bilan de l'opposition, 300 personne auraient aussi été arrêtées et il y aurait des dizaines de blessés.

Selon certains témoignages, Ali Moussavi, neveu de Mir Hossein Moussavi, ancien candidat à la présidentielle face à l'actuel président, Mahmoud Ahmadinejad, figure parmi les victimes. L'ancien ministre des affaires étrangères Ibrahim Yazdi, chef du Mouvement de libération de l'Iran (MLI, opposition libérale), a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile par les services de sécurité, a indiqué, lundi 28 décembre, le site Internet d'opposition Rahesabz.

Des manifestants déterminés. En tout, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont envahi les rues iraniennes, profitant de l'affluence liée aux nombreuses cérémonies de l'Achoura, journée de deuil religieux commémorant le martyre de l'imam Hossein, figure centrale du chiisme. Les manifestations se sont déroulées dans la capitale Téhéran, mais aussi dans la ville sainte de Qom, à Ispahan, à Najafabad, à Arak ou à Tabriz.

Toujours selon les témoignages, des véhicules et motos de police ont été incendiés par les manifestants, qui scandaient "mort au dictateur" ; plusieurs policiers auraient également été blessés. Les médias d'opposition ont également indiqué que des policiers se seraient rangés du côté des opposants, refusant de leur tirer dessus.

Comme ce fut le cas dans les semaines qui ont suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, les médias officiels ont accusé la "presse étrangère" d'être à l'origine de ces mouvements de colère contre le président réélu. L'agence de presse Fars précise que des groupes de "vandales" ont endommagé des bâtiments publics et privés et "manqué de respect" à la fête sainte de l'Achoura.

Sur un site Web d'opposition, Mehdi Karroubi, candidat réformateur à la présidentielle du mois de juin, a estimé que "le système au pouvoir a fait verser le sang du peuple le jour de l'Achoura, et a envoyé contre le peuple un groupe d'individus sauvages".

Condamnations internationales. Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères français a condamné "les arrestations arbitraires et les violences commises contre de simples manifestants". Le Quai d'Orsay appelle également à une "solution politique face à la persistance des mouvements populaires et à l'aggravation de la répression". La Maison Blanche a également "fermement condamné la répression violente et injuste de civils cherchant à exercer leurs droits universels en Iran". "Les forces de sécurité ont une nouvelle fois eu recours à l'intimidation et à la violence contre les citoyens de l'Iran" qui "méritent de pouvoir faire entendre leur voix", souligne quant à lui le chef de la diplomatie canadienne, Lawrence Cannon.

2009年12月26日 星期六

Le Monde 社论:Pour Liu Xiaobo

LE MONDE | 25.12.09 | 13h30 • Mis à jour le 25.12.09 | 13h43

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/25/pour-liu-xiaobo_1284824_3232.html

Le régime de Pékin vient de rendre un jugement particulièrement sévère en condamnant à onze ans de prison Liu Xiaobo, le plus célèbre dissident chinois. Le "crime" de cet intellectuel de 53 ans est d'avoir été, en 2008, l'un des principaux rédacteurs de la Charte 08 : ce texte, aujourd'hui soutenu par quelque dix mille signataires, demande la fin du monopole du Parti communiste chinois sur l'ensemble des rouages politiques, économiques et sociaux du pays et appelle à une transition démocratique en République populaire.

Onze ans de prison : cette condamnation très lourde, même à l'échelle du régime chinois, témoigne de la détermination de Pékin à serrer fermement les boulons du système. "Tuer les poulets pour effrayer les singes", dit le proverbe chinois. Ce vieil adage continue d'être appliqué sans hésitation par l'un des derniers grands pays autoritaires de la planète : il fallait faire de Liu Xiaobo un exemple, lui qui ne menaçait rien ni personne et appelait dans son texte à une démocratisation pacifique. Pour que toute personne tentée de suivre ses traces, et de remettre en question la légitimité exclusive du parti unique, sache ce qu'il en coûte de défier le pouvoir suprême. Et il fallait le faire d'autant plus fermement que le ralentissement - relatif - de la croissance économique du pays pourrait, à terme, fragiliser le régime.

Mais le message, voire l'avertissement, n'est pas seulement à usage interne. Il vaut tout autant pour quiconque, en Europe ou en Amérique, entend donner des leçons de droits de l'homme à la Chine et critiquer la répression qui y reste de rigueur, non seulement contre l'opposition, mais aussi contre les minorités au Tibet ou au Xinjiang. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont protesté contre la tenue du procès de Liu Xiaobo. Raison de plus pour faire preuve de fermeté.

Cette condamnation témoigne ainsi de l'assurance croissante de la Chine sur la scène internationale. Plus que jamais, la crise économique fait d'elle le principal créancier de la planète et de son plan de relance le ressort le plus solide de la reprise mondiale. Cela fait taire bien des états d'âme : quand le président américain ou sa secrétaire d'Etat sont venus à Pékin ces derniers mois, ils ont soigneusement évité la question des droits de l'homme ; de même pour le premier ministre français, tout récemment. Les responsables chinois se savent en position de force. Il serait dangereux qu'ils en abusent et renforcent autoritarisme intérieur et nationalisme extérieur.

Article paru dans l'édition du 26.12.09



[RFI] 评论:重判是要杀一儆百 想驱逐刘晓波

作者 香港特约记者 麦燕庭
发表日期 25/12/2009 更新日期 25/12/2009 14:42 TU

中国异见人士刘晓波被控煽动颠覆国家政权,法院判刑十一年,剥夺政治权利两年。其辩护律师莫少平不满裁决,刘晓波妻子刘霞说,丈夫决定上诉。

官方新华社在法庭判刑后一小时作出报道,但只提及刑期和强调法院严格依法公开庭审和充分保障了刘晓波的诉讼权利,没有交代法院裁定刘晓波罪名成立和量刑的理据。

刘晓波妻子刘霞认为判刑虽在预料之内,但不讳言属于重,刘晓波向她表示要上诉,她说好,而家人亦支持其决定。

开审时被禁止到法院旁听的刘霞,今晨判刑前获准与九个月未能见面的丈夫会面十分钟,她表示,双方交流至亲近况,刘晓波希望她在外好好生活,而她则转达了亲朋对他的祝福。

刘晓波的辩护律师莫少平表示,有十天时间提出上诉,他说,上诉不是因为是否判得重,而是他们认为刘晓波无罪。

熟悉中国法律的中国政法大学客座教授王友金接受本台访问时指出,刘晓波发表的文章没有任何煽动群众以暴力推翻国家政权的成分,定罪证据不足,审讯过程也不透明,暴露内地法制后退。他认为,今次判刑超出当初预期,主因是要杀一儆百,以阻止国内其它异见人士发表批评中共的言论:部分原因是向外国使节的所谓粗暴干预作出报复。

评论:重判是要杀一儆百 想驱逐刘晓波

其中一名被禁止到法院旁听的中国异见人士高瑜接受本台长途电话访问时表示,刘晓波判刑之重,是反映中共把刘晓波视为一个有思想号召力的对手,要把他赶出中国国土,若刑期短,便不足以成为与外国讨价还价的砝码。

她批评,中国的做法是不智和极端不自信的表现,显示中国的危机感极高,但她坦言,判刑对国内异见人士有心理威胁,有杀一儆百之效,但这亦是对公民运动的宣战,并把追求落实《零八宪章》真的变成一个运动了。

中国政治评论员林和立则向本台形容,重判刘晓波等于中国的软实力倒退三十年,令中国又回到审讯魏京生的年代,亦反映中国的法治水平根本从未有基本的改进。

林和立指出,判刑显示中共正在测试美国政府是否真的敢来硬的。他解释,美国总统奥巴马十一月访华时表现软弱,中南海大喜,假如这次重判刘晓波之后,白宫只说不做,中共会更肆无忌惮,变本加厉对付异议分子与和非政府维权人士。

林和立估计,这次重判部分原因是针对互联网可能发挥向强权挑战的惊人威力,因为北京虽然已大量投资网络警察,但新媒体的确令执行专政的干部与特警感到头痛,期望用今次判刑杀一儆百。

另一时事评论员程翔认为,刘晓波被判监11年是不能接受,判决惹起公愤,天怒人怨。他相信,刘晓波案不可能推翻,但各地的声援或可令刘晓波得到较正常的狱中待遇,又或令他提早获释。

曾因八九民运而坐牢的刘晓波,出狱后坚拒离开中国,坚持以和平方式推动民主,去年底因参与起草及签署《零八宪章》和撰写文章被拘禁,本月被控煽动颠覆国家政权罪,法院今早判刑前,十多名外国驻华使馆人员曾一度进入法院,停留约五分钟后离开,未知是否打听刘晓波案件的判决。

公安继续在法院外加强保安,用铁马隔开法院外围,不让一般人接近,而采访区亦改用铁马围起,记者要经身分查核才可入内。

2009年9月14日 星期一

Sarkozy dénonce la "religion du chiffre"

LEMONDE.FR | 14.09.09 | 12h47 • Mis à jour le 14.09.09 | 13h05

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/09/14/sarkozy-denonce-la-religion-du-chiffre_1240104_823448.html#ens_id=1239952

Nicolas Sarkozy a plaidé, lundi 14 septembre, pour un changement de la mesure du progrès économique et social, dénonçant la "religion du chiffre" actuelle, et indiqué que la France proposerait à l'Europe et aux organisations internationales de changer leur appareil statistique.

"La France se battra pour que toutes les organisations internationales modifient leurs systèmes statistiques […], la France proposera à ses partenaires européens que l'Europe donne l'exemple. La France va adapter son propre appareil statistique en conséquence", a promis M. Sarkozy dans un discours à l'université de la Sorbonne.

Il s'exprimait à l'occasion de la réception du rapport de la commission de mesure de la performance économique et du progrès social dirigée par les économistes américain Joseph Stiglitz, prix Nobel, indien Amartya Sen et français Jean-Paul Fitoussi.

Dans ce rapport, cette commission préconise l'élaboration d'un "système statistique qui complète les mesures de l'activité marchande par des données relatives au bien-être des personnes". "Il y a depuis longtemps un problème avec ce que nous calculons et avec la manière dont nous l'utilisons", a estimé Nicolas Sarkozy. "Pendant des années, les statistiques ont affiché une croissance économique de plus en plus forte […] jusqu'à ce qu'il apparaisse que cette croissance, en mettant en péril l'avenir de la planète, détruisait davantage qu'elle ne créait. Le problème vient de ce que le monde, la société, l'économie ont changé et que la mesure n'a pas assez changé", a poursuivi le président, "c'est un fossé très dangereux parce que le citoyen a fini par penser qu'on le trompe".

"Dans le monde entier, les citoyens pensent qu'on leur ment, que les chiffres sont faux et, pire, qu'ils sont manipulés, rien n'est plus destructeur pour la démocratie." Entre autres pistes, M. Sarkozy a suggéré d'introduire dans les statistiques "les services que l'on se rend à l'intérieur d'une famille", "le loisir" ou "la qualité du service public".

Outre la "religion du chiffre", le président a pourfendu un système fondé sur des "moyennes", "car la moyenne, c'est une façon de ne jamais parler des inégalités", et "la religion du marché qui, par principe, a raison". "Le marché, dans lequel je crois, n'est pas porteur de sens […] de responsabilité […] de projet […] de vision. Les marchés financiers encore moins, à force de faire comme si toute la vérité était dans le marché, eh bien on a finit par le croire."

Constituée en février 2008 à l'initiative de Nicolas Sarkozy et composée de 22 experts, la commission avait pour mission d'identifier et de pallier les limites du produit intérieur brut (PIB) comme indicateur de performance économique et de progrès social.



德國之聲:萨科齐的经济小组针对经济增长提出了新的检测体系

时事风云 | 2009.09.15

由法国总统萨科齐成立的一个工作小组,针对经济增长的评估标准提出了一个新的检测体系。根据法国的倡议,对经济增长应给予广义的理解,例如应与无报酬的公益活动,甚至与公民"福利"相联系。萨科齐总统反对将国内生产总值做作为衡量经济增长的唯一标准。在下周匹兹堡举行的20国峰会上,他将试图说服其他工业国根据衡量经济增长和进步的新体系对其国民生产总值的统计进行调整。

当法国总统萨科齐一年半前指示两位诺贝尔经济奖得主去研究发明一种能够对国家的经济增长做出更全面评估的新统计方法时,人们普遍认为萨科齐在这方面目光远大。萨科奇清楚地认识到,国内生产总值不能再继续作为衡量经济增长的基准。当欧盟委员会提交其调查结果时,银行危机爆发刚好一年有余。萨科齐感觉他的批评得到证实。他表示:"多年来,人们一直被告知,他们的生活水平将得到改善,但实际上,他们的生活却变得越来越困难。对于那些在经济危机过程中失去了自己的房子,丢掉了工作或者损失了部分退休金,感觉被欺骗的人,我们应该给予理解。"

对37名科学家的工作进行了总结的让保罗-菲图西教授再次证实国内总产值的统计数字给他们带来的困惑。萨克齐表示: "如果数字告诉我们,我们过得很好,但与此同时人们却感觉脚下的地基正在坍塌,那么就说明,不是统计的标准是错误的,就是统计的数字不正确。"

尤其是在困难时期国内生产总值却仍然上涨时更是如此。让保罗-菲图西说: "难道巴黎永久性的交通堵塞能增加国内生产总值增加吗?难道发生重大火灾或者刑事犯罪案和骚乱能够促使国民收入增加吗?在任何情况下,这些事件都不会有利于我们的社会福利。"

为了评估一个社会的繁荣和福利,科学家们提出了一系列建议:诺贝尔经济学奖得主斯蒂格利茨表示: "当然不是仅凭一个数字就能反映出社会复杂的整体情况。但是,由于我们的衡量选择对决策起着重要作用,所以必须就这一衡量标准公开进行讨论。"

萨科齐总统认为他从报告中吸取的头号教训是: "这里没有所谓的"平均水平线"上的公民。日益增加的不平等现象证实了这一点。如果有谁只提平均水平,他就没有必要再谈公正不公正的问题。"

因此,萨科齐总统决定在法国立即实施科学家们提出的十二项建议。今后,对所有经济数据的评估将与环保挂钩,生产的产品将不再作为衡量一个国家兴旺发达的主要标志。而家庭的收入和高速公路,城市,或能源状况,以及居民的受教育水平,特别是人民对现状的满意程度等将成为衡量一个国家经济水平的标准。由于工作小组的建议更多的是提问而不是具体的规定,因此还必须由法国统计机构进行具体实施。尽管如此,萨科齐总统将在下周举行的20国集团首脑会议上呼吁世界所有国家抛开国内生产总值这一衡量标准。

作者:Johannes Duchrow/李京慧

责编:谢菲

2009年4月6日 星期一

Italie : au moins vingt-sept morts dans un séisme dans les Abruzzes




LEMONDE.FR avec AFP, AP et Reuters 06.04.09 06h37 • Mis à jour le 06.04.09 08h54

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/04/06/plusieurs-morts-dans-un-tremblement-de-terre-dans-les-abruzzes_1176997_3214.html#ens_id=1177047

La terre a tremblé dans les Abruzzes, au centre de l'Italie, dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 avril. Au moins vingt-sept personnes sont mortes et quarante autres disparues, selon un bilan provisoire des carabiniers. La terre a fortement tremblé peu après 3 h 30 dans tout le centre de l'Italie et des édifices se sont effondrés dans le centre historique de la ville de L'Aquila, faisant craindre que le nombre des victimes puisse augmenter.

Une résidence pour étudiants de L'Aquila (60 000 habitants) s'est partiellement effondrée. Dans la même ville, de nombreuses maisons se sont lézardées et des habitations ont été détruites.

La population de L'Aquila et de nombreuses petites villes de cette région montagneuse du centre de l'Italie est descendue dans les rues, ont précisé les carabiniers de la capitale des Abruzzes à l'agence ANSA. La secousse a été ressentie jusque dans la capitale, où les lampes se sont mises à chanceler, les meubles à vibrer et les alarmes de voitures se sont déclenchées.

Selon un communiqué de la protection civile italienne, l'épicentre du séisme d'une magnitude de 5,8 se trouvait à 5 kilomètres de profondeur sous L'Aquila. Pour l'institut géologique états-unien, le tremblement de terre serait d'une magnitude de 6,3 et l'épicentre se trouve à une profondeur de dix kilomètres.

L'Italie a déjà été frappée par des séismes dévastateurs. En novembre 1980, un tremblement de terre de magnitude 6,9 avait ébranlé plusieurs régions proches de Naples, dans le sud de la Péninsule - la Campanie, la Basilicate et les Pouilles -, faisant quelque 3 000 morts. En mai 1976, dans le Frioul (nord de l'Italie), un tremblement de terre de magnitude 6,4 avait fait un millier de morts et 45 000 sans-abri.

Sur le même sujet :

La Terre a tremblé à L'Aquila
LEMONDE.FR 06.04.09

© Le Monde.fr

2009年2月21日 星期六

混路!!!中国人民感情又遭法国人挑逗!!!

RFI:圣罗兰合伙人称愿归还圆明园兽首换取中国遵守人权

发表日期 21/02/2009 更新日期 21/02/2009 00:07 TU

已故法国时装大师圣罗兰的伙伴贝杰(Pierre Bergé)表示,准备拍卖的圆明园兽首铜像可以归还中国,条件是中国遵守人权。贝杰要求北京把自由归还给西藏人,允许达赖喇嘛回到故里。

这两件铜兽首(一尊兔首和一尊鼠首)原本是圆明园中的喷泉饰物,1860年英法联军火烧圆明园后将其掠走。中国认为这两件圆明园兽首是其文化遗产的重要组成部分,也是西方列强在鸦片战争期间瓜分中国的标志。上周,中国外交部发言人在新闻发布会上说,这两件兽首铜像理应归还中国,因为它们是被“侵略者”掠走的。

一个中国律师团表示,他们打算本周在巴黎提起诉讼,力求阻止这次拍卖。律师团并且已于周五(2月20日)向巴黎法庭递交了紧急审理诉状;一名巴黎法官将于下周一审查这一紧急诉讼要求。但佳士得拍卖行称这次拍卖是合法的,计划于2月23日至25日在巴黎如期拍卖。两件铜兽首的拍卖价格可能高达每件1000万至1300万美元。

已故时尚之王圣罗兰的合伙人贝杰20日表示,如果中国承诺改善人权,他愿意归还下周将拍卖的两件珍贵中国古董。贝杰是当天接受法国电台采访时作以上表示的。贝杰说,“与他们所想的相反,我并不打算送中国人礼物。但是如果他们准备好承认人权,我就会把两件古董送给中国。”贝杰要求北京把自由归还给西藏人,允许达赖喇嘛回到故里。



Pierre Bergé défie Pékin avant la vente d'oeuvres de collection

20.02.09 23h40

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38520446@7-37,0.html

Par Lucien Libert


PARIS (Reuters) - Quelques mois après le décès d'Yves Saint Laurent, Pierre Bergé disperse aux enchères les oeuvres d'art acquises avec le couturier, dont des Matisse, des Picasso et deux sculptures de bronze réclamées par Pékin.

A deux jours du début de la vente au Grand Palais à Paris, l'homme d'affaires a qualifié de "ridicule" une procédure judiciaire visant à restituer à Pékin deux figures du XVIIIe siècle - une tête de rat et une autre de lapin - volées pendant les guerres de l'opium.

Il s'est dit sûr de son bon droit, malgré le référé déposé par une association de défense du patrimoine chinois devant le tribunal de grande instance de Paris visant à empêcher la vente de ces deux pièces.

L'audience doit se tenir lundi, à quelques heures du début de la vente aux enchères qui dispersera 733 oeuvres d'art acquises par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent.

Pékin veut récupérer ces deux objets qui ornaient la fontaine du palais d'été de l'empereur Qianlong, dérobés par les puissances occidentales vers 1860.

"Je suis protégé complètement par la loi et c'est en toute sérénité que j'attends la suite de ce référé", a déclaré Pierre Bergé vendredi à Reuters.

Et l'homme d'affaires de proposer un marché aux autorités chinoises : les deux sculptures contre un assouplissement de la politique des droits de l'homme en Chine.

"Moi je suis prêt à offrir ces têtes en bronze au gouvernement chinois, tout de suite", a-t-il déclaré devant deux oeuvres d'Andy Warhol représentant Yves Saint Laurent.

"Il leur suffit, aux Chinois, de déclarer qu'ils vont appliquer les droits de l'homme, rendre la liberté aux Tibétains et accepter le dalaï-lama sur leur territoire".

"UN CHANTAGE QUE J'ASSUME"

"S'ils font cela, je serai très heureux, moi-même de leur apporter ces deux têtes chinoises pour les remettre au Palais d'été, à Pékin", a-t-il insisté. "C'est évidemment du chantage, mais c'est un chantage que j'assume".

Evaluées chacune entre 8 et 10 millions d'euros, ces deux sculptures ne sont qu'une infime partie de collection d'oeuvres - tableaux, sculptures, pièces de mobilier, d'orfèvrerie, etc. - mise en vente par Christie's, en association avec la maison Pierre Bergé & associés.

Les recettes de la vente, estimées entre 200 et 300 millions d'euros, iront à la fondation que Pierre Bergé souhaite créer pour aider la recherche scientifique, notamment contre le sida.

Les oeuvres seront exposées tout ce week-end au Grand Palais avant la vente programmée de lundi à mercredi.

Fruit de 50 ans de complicité entre deux esthètes, cette collection privée est, aux dires des spécialistes, l'une des plus extraordinaires jamais mises sur le marché en raison de la densité et de qualité des pièces.

On y trouve un Picasso de 1914 ("Instruments de musique sur un guéridon", estimé entre 30 et 40 millions d'euros) et plusieurs Matisse (dont "Les coucous, tapis bleu et rose", estimé entre 15 et 20 millions).

Sont en outre proposés des tableaux d'Edgar Degas et de Jean-Auguste-Dominique Ingres, une sculpture en bois de Constantin Brancusi, un torse masculin romain du Ier siècle ou encore un "bar YSL" imaginé par l'artiste français François-Xavier Lalanne. (avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

2009年2月3日 星期二

Chine: la télévision officielle parle du lancer de chaussure sur Wen

Le Monde关注的跟我一样。
这种事情在一个正常国家本来不值得过度解读。在支那就不一样了。
事情的关键不在于扔鞋这件事,而在于瘟爷爷的反应。瘟爷爷已经不只是过度解读,而是图穷匕见,使出他那个流氓党的杀手锏“上纲上线”。可惜啊,水土不服,这招在大不列颠没用,也就是在场的那些经过千挑万选的海外领掌类动物会捧场。



Chine: la télévision officielle parle du lancer de chaussure sur Wen

03.02.09 12h57
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38338589@7-37,0.html

Le journal du soir de la télévision centrale chinoise (CCTV) a évoqué mardi l'interruption du discours du Premier ministre Wen Jiabao par un manifestant qui lui a lancé une chaussure, au lendemain des faits.

Pendant toute la journée de mardi, CCTV n'avait abordé le sujet qu'en citant la réaction de mécontentement de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu, évoquant un acte malveillant sans plus de précisions.

Mardi soir, le journal du soir (Xinwen Lianbo), a évoqué un lancer de chaussure, montrant des images de M. Wen, impassible puis reprenant son discours en lançant: "Ce comportement méprisable ne saurait avoir d'effet sur l'amitié entre la Chine et le Royaume-Uni".

Le sujet de la télévision montre également le manifestant évacué par les services de sécurité, le commentaire soulignant qu'il a été "arrêté pour trouble à l'ordre public".

Enfin, la télévision officielle chinoise, l'un des piliers de la propagande du régime communiste, minimise l'incident en soulignant le "succès" de la visite du Premier ministre Wen Jiabao en Grande-Bretagne.

Le projectile, une vieille chaussure de sport, a manqué sa cible d'un bon mètre, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Le manifestant, un jeune homme d'allure occidentale et s'exprimant en anglais avec accent, a été immédiatement maîtrisé par le service d'ordre de l'université puis interpellé par la police qui n'a pas révélé son identité.

"L'homme âgé de 27 ans a été inculpé pour trouble à l'ordre public et comparaîtra le 10 février devant les magistrats du tribunal de Cambridge", a annoncé dans la soirée une porte-parole de la police britannique.

Cet incident rappelle celui intervenu le 14 décembre à Bagdad au cours d'une conférence de presse de l'ex-président américain George W. Bush et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki: un journaliste irakien s'était levé brusquement puis avait crié "c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien", avant de lancer ses deux chaussures sur M. Bush.

2008年12月26日 星期五

Pékin ferme la porte aux signataires de la Charte 08

LE MONDE 26.12.08 12h01 • Mis à jour le 26.12.08 12h52
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/12/26/pekin-ferme-la-porte-aux-signataires-de-la-charte-08_1135298_3216.html



Liu Xiaobo, un des principaux rédacteurs de la Charte 08, a été arrêté début décembre après avoir signé la Charte.

S'inspirant de la Charte 77 rédigée à Prague au temps de la guerre froide par des opposants tchèques au régime communiste, une poignée de dissidents chinois viennent de publier, il y a quelques jours, à Pékin, un texte inédit et audacieux. La "Charte 08" n'y va pas de main morte : elle appelle à la fin du monopole du parti unique et propose un texte en 19 points destiné à promouvoir la transition vers un système démocratique à l'occidentale.

Ecrit collectivement par un groupe de défenseurs des droits de l'homme, le texte a été initialement signé par 300 personnes. Grâce à sa mise en ligne sur la Toile et en dépit des "pare-feu" érigés par la police chinoise de l'Internet, plusieurs milliers de signataires lui auraient à ce jour apporté leur soutien. Outre les activistes des droits de l'homme connus pour leurs prises de position en faveur des libertés, la Charte a été signée par des membres du Parti communiste, des professeurs d'université et des fonctionnaires locaux, qui n'ont pas hésité à prendre le risque de cautionner le texte. A l'échelle chinoise, l'impact est minime. Mais l'initiative vient de créer un précédent.

Le gouvernement chinois a pris immédiatement des mesures : le 8 décembre, deux jours avant la publication de la Charte, la police a embastillé son principal rédacteur, l'intellectuel Liu Xiaobo. Les milieux de la dissidence estiment que le régime, alerté par la mise en ligne prochaine de ce brûlot, a voulu envoyer un message rapide : soutenir l'esprit et la lettre du texte expose toute personne à des représailles autoritaires.

On est toujours sans nouvelles de M. Liu, qui n'a pas fait l'objet d'une procédure judiciaire, mais a été arrêté à son domicile par des policiers munis d'un mandat l'accusant de "subversion d'Etat". Cet ancien professeur de littérature de 53ans avait participé au mouvement de Tiananmen, en 1989, et son engagement lui avait valu vingt mois de prison. En 1996, il avait été incarcéré pour trois ans dans un camp de "rééducation par le travail" après avoir été accusé de "fomenter régulièrement des troubles et de provoquer des atteintes à l'ordre public".

Quelque 160sinologues, professeurs et intellectuels de renommée internationale, viennent de prendre sa défense et ont envoyé une lettre au président chinois, Hu Jintao, pour exiger sa libération. Des signatures comme celles de Salman Rushdie ou d'Umberto Eco côtoient celles de célèbres personnalités chinoises en exil mais aussi celles d'experts étrangers de la Chine peu enclins, à l'ordinaire, à soutenir ce genre d'initiative.

"La Charte 08 propose une refonte complète du système en abordant tous les éléments constitutifs du régime chinois. Et elle évoque notamment, de manière précise et argumentée, la question du respect des droits non appliqués qui sont cependant inclus dans la Constitution de la Chine populaire", remarque le sinologue Jean-Philippe Béja, chercheur associé au Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC), basé à Hongkong.

Pour le célèbre avocat pékinois Mo Shaoping, qui a signé la Charte, "il s'agit de mettre en avant l'universalité des valeurs du concept des droits de l'homme. On ne peut pas utiliser les spécificités culturelles d'un pays pour justifier le fait que ces dernières puissent rendre impossible l'application de telles valeurs". Sous-entendu : les autorités chinoises, même si elles ne cessent d'affirmer leur volonté de réformer le système dans une direction plus libérale et démocratique, défendent le fait que les valeurs chinoises sont le produit d'une histoire non soluble dans les concepts politiques hérités de l'Occident.

L'originalité de cette Charte réside dans sa volonté de proposer une séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire tout en appelant à l'abandon du principe du monopole du Parti communiste. Elle demande qu'à tous les niveaux de représentation politique des élections sanctionnent la volonté populaire. En un mot, elle prône clairement l'émergence d'un système "garantissant les principes d'une compétition libre et juste entre partis politiques". Cette exigence est impossible pour le Parti-Etat dont la nature repose précisément depuis 1949 sur la prééminence du Parti sur l'Etat. "C'est un texte important mais modéré, pas révolutionnaire : il demande l'application des lois", tempère pourtant Mo Shaoping.

Tous les opposants au régime pékinois ne parlent pas d'une seule voix : certains ont signé la Charte du bout du clavier, par principe, et sans en accepter toutes les propositions. D'autres, très critiques du système, n'ont pas adhéré au texte et se sont abstenus. L'essayiste et activiste chrétien Yu Jie, inspirateur de la mode des messes à domicile du protestantisme officieux, a signé la Charte, mais avec la réserve du croyant : "Elle n'explique pas l'origine historique du concept des valeurs universelles. Elle est un document inachevé, un cours d'eau qui ne connaît pas sa provenance, elle occulte la dimension spirituelle de l'individu", juge-t-il.

L'avocat des droits de l'homme Li Jinsong, qui ne cesse d'œuvrer pour l'application des droits inscrits dans la Constitution chinoise, est encore plus critique : "Le texte est en faveur de la transition vers une république fédérale. Cette proposition me paraît en décalage avec la réalité de la Chine qui a d'autres priorités aujourd'hui, notamment le souci de faire face à l'impact de la crise financière." Et il ajoute : "Et puis je n'aime pas le ton de cette Charte qui a l'air de dire : on a trouvé les valeurs ultimes qui doivent présider au destin de l'humanité." La réflexion de M. Li évoque un vieux débat ressassé en Chine : celui de la pertinence des thèses de l'Occident dans le monde chinois. Pour Wang Lixiong, un autre écrivain critique du régime de Pékin, "il est insuffisant de s'inspirer du seul modèle occidental pour assurer la transition vers la démocratie. Je n'ai pas signé cette Charte parce qu'elle ne me semble pas en phase avec la nature de la société chinoise et du degré de son évolution".

En attendant, la répression s'est accrue, ces derniers jours, à l'encontre des signataires. "Vous voulez faire trois ans de prison ? Quatre ?" ont dit, menaçants, des policiers à l'écrivain Wen Kejian, qui habite dans la ville de Hangzhou.

Bruno Philip

2008年12月21日 星期日

A Pékin, s'opposer à la destruction de sa maison vaut deux ans de prison

LE MONDE 19.12.08 15h44 • Mis à jour le 19.12.08 19h47

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/12/19/a-pekin-s-opposer-a-la-destruction-de-sa-maison-vaut-deux-ans-de-prison_1133109_3216.html#ens_id=1129867

PÉKIN CORRESPONDANT

L'une des figures de la défense des droits des propriétaires, Ni Yulan, une avocate de 47 ans, a été condamnée, jeudi 18 décembre, par une cour pékinoise à deux ans de prison pour "obstruction à l'ordre public". En avril, Mme Ni avait tenté de s'opposer à la destruction de sa maison alors qu'un groupe d'ouvriers, conduit par la police, était en train d'abattre le mur de sa cour carrée traditionnelle situé dans l'arrondissement de Xicheng, au coeur de Pékin.

Seule la fille de Mme Ni a été autorisée à assister à l'audience, bien qu'une dizaine de ses proches et parents avaient auparavant reçu la permission d'entrer dans le tribunal. Son mari, Dong Jiqin, a déclaré, après l'énoncé du verdict, que son épouse "était amaigrie et très faible".

Lors de son arrestation, en avril, elle avait été frappée à la tête d'un coup de brique par l'un des ouvriers. Mais la police avait jugé que c'était Ni Yulan qui avait "agressé" un membre de l'équipe de démolition.

L'affaire avait provoqué l'indignation de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme, la "modernisation" d'arrondissements de Pékin à coups de bulldozer, avant les Jeux olympiques, ayant eu pour conséquence la disparition de quartiers entiers de la capitale et l'éviction forcée de quelques milliers de personnes.

La collusion entre responsables locaux du Parti communiste chinois et des promoteurs immobiliers sans scrupules est une source constante de frictions entre les autorités et un nombre croissant de citoyens estimant avoir reçu des compensations insuffisantes.

La condamnation de l'avocate a été prononcée moins d'un mois après que son domicile a été complètement démoli, le 21 novembre. Le fait que le président de la cour de ce même arrondissement de Xicheng, Guo Shenggui, ait été condamné à la peine de mort, en octobre, pour corruption dans le cadre de scandales immobiliers n'a rien changé au sort de Mme Ni...

Cette dernière n'en est pas à sa première confrontation avec la justice. En 2002, elle avait été arrêtée pour avoir filmé la destruction de la maison d'un citoyen exproprié, puis condamnée à un an de prison. Pendant sa détention, elle avait subi des sévices dans sa cellule, battue au point d'en ressortir handicapée à vie. Depuis sa remise en liberté, elle marchait difficilement et ne se déplaçait plus sans l'aide de béquilles. Au mois de juin, Ni Yulan avait de nouveau accusé les policiers de l'avoir battue dans sa cellule.

Le type d'activisme civique pratiqué par Ni Yulan est devenu un motif de préoccupation pour le régime chinois à l'heure où les conséquences de la crise économique, notamment en matière d'emploi, pourraient constituer un nouveau facteur d'instabilité sociale.

Dans un discours prononcé, jeudi, devant les membres du comité central du Parti communiste, à l'occasion du 30e anniversaire du lancement des réformes économiques de 1978, le président Hu Jintao a reconnu qu'"il existe de nombreux aspects de notre travail qui montrent que nous n'avons pas assez bien réussi et les gens ne sont pas contents. L'avenir nous réserve bien des défis et des difficultés". Il a cependant assuré que "maintenir et améliorer la direction du Parti est la garantie fondamentale du progrès et du succès".

Bruno Philip



Olivier M.
21.12.08 | 09h45
Désolé d'aller à contre courant du racisme anti-chinois en vogue en ce moment, mais j'aimerais rappeler une réalité que Le Monde devrait rappeler: les "quartiers historiques" de Pékin valent à peine mieux que des bidonvilles: isolation déplorable (avec -10°C en hiver et +30 en été) et toilettes publiques (immondes) uniquement. Une grande majorité de Pékinois sont ravis de quitter ces logements insalubres pour le confort moderne! Ceci n'enlève évidement rien à la brutalité du gouvernement.

Christian M.
20.12.08 | 09h59
Les réactions de nombre de lecteurs m'agacent par leur mauvaise foi. Qu'est ce que Sarkozy vient faire ici ? En quoi est-il responsable de la mondialisation ? C'est le consommateur qui en est largement responsable, en cherchant toujours à acheter le produit le moins cher possible! Un t-shirt à 1 euro, une paire de chaussures à 10 euros !? Le niveau des réactions est décidément trop faible. Je m'étais abonné pour échanger. J'arrête.

ALAIN L.
20.12.08 | 07h29
Et Mr Sarkozy est fier et ne trouve rien à redire à ces méthodes dictatoriales . Quand on reçoit avec les honneurs un tortionnaire comme Kadhafi on peut craindre le pire , car qui ne dit mot consent.

VDM
20.12.08 | 04h19
Finalement, on peut se demander si les chinois de 2008-09 ne sont pas les japonais de 1940-45 ! un peuple belliqueux militairement et économiquement. On a du soucis à se faire, la guerre froide nous paraitra comme un jeu d'enfant... le problème c'est que nous on est toujours au milieu. Même si on aime pas les USA on sait que sans eux on est rien...

Yves
20.12.08 | 02h17
Et dire que Pékin était considéré par P. Loti comme le dernier refuge de l’inconnu et du merveilleux sur terre au début du XXe siècle : http://silouane.blog.lemonde.fr/2008/12/06/pekin-est-le-dernier-refuge-de-l%e2%80%99inconnu-et-du-merveilleux-sur-terre/

David T.
19.12.08 | 23h55
On dirait vraiment que les pires ennemis des Chinois sont les membres du gouvernement chinois!

Alexandrin123
19.12.08 | 23h07
En Palestine aussi...

Ben dis donc
19.12.08 | 22h23
Si les prisons chinoises sont comme les prisons françaises, ça doit pas être marrant tous les jours...

ROLAND G.
19.12.08 | 20h58
Un nouveau non-sens : la destruction du coeur historique de Pékin appauvrit l'humanité. Une fois de plus, loe pouvoir chinois souligne son attachement à l'humanisme, aux droits de l'homme, aux libertés fondamentales ! Cette condamnation est un scandale, qui s'ajoute à tous ceux que nous dénonçons. Le gouvernement doit rendre sa liberté à Ni Yulan, indemniser les victimes de ses erreurs urbaines, rétablir les libertés fondamentales. Une urgence !!!

thierry R.
19.12.08 | 19h40
Nos futurs maitres ne sont pas commodes, nous avions un probléme avec l'empire US, ca va pas être plus simple avec eux.Volià encore un autre probléme que nous allons devoir imputer à Seilliere,Fillon,Raffarin et leurs copains ultra-libérals(aux)car ils n'ont pas hésité à mettre nos enfants en compétition avec les jeunes chinois qui travaillent 15H/J 90H/semaine.Génération SARKOZY, retours au 19éme siécle